Les incendies dévastateurs qui ont frappé la Californie en début d’année 2025 ont marqué un tournant majeur dans la gestion des risques liés au dérèglement climatique. Les nouvelles données disponibles font état d’un montant évalué à 285 milliards de dollars de pertes, soit environ 262 milliards d’euros. Ce chiffre alarmant souligne la pression toujours plus forte qui pèse sur les propriétaires américains et le marché de l’assurance des biens aux États-Unis. À titre de comparaison, la cotisation moyenne en assurance habitation y atteint 1 335 € par an, contre seulement 372 € en France, soulevant des questions sur l’avenir de la couverture immobilière sur le territoire américain. Dans cet article, nous analyserons l’état du marché de l’assurance aux États-Unis puis nous verrons pourquoi il devient urgent de réformer le système.
Des pertes considérables liées aux incendies en Californie ces deux dernières années
Entre 2023 et 2025, la Californie a été frappée par une série d’incendies d’une ampleur sans précédent, générant des pertes estimées en centaines de milliards de dollars. En 2023, les pertes totales étaient évaluées entre 130 et 150 milliards de dollars (119 à 137 milliards d’euros), dont environ 75 milliards de dollars (69 milliards d’euros) ont été pris en charge par les assureurs. En 2024, les dommages ont atteint 140 milliards de dollars (129 milliards d’euros), avec près de 90 milliards de dollars (83 milliards d’euros) couverts par les compagnies d’assurance. Et en 2025, les incendies qui ont ravagé la région de Los Angeles représentent désormais environ 285 milliards de dollars de pertes (soit environ 262 milliards d’euros). Les prévisions de la couverture assurantielle sont révisées à la hausse, oscillant entre 165 et 170 milliards de dollars (environ 152 à 156 milliards d’euros), et traduisant un taux de couverture de 58 à 60 %. Cette révision reflète non seulement la persistance des incendies dans certaines zones urbaines à flanc de colline, et la découverte de nouveaux foyers de sinistres.
Ces chiffres témoignent d’une intensification des incendies et d’une augmentation exponentielle des coûts liés aux dommages, mettant en lumière la pression croissante sur le marché de l’assurance.
Des conséquences sur les propriétés non assurées
Les incendies de 2025 ont mis en lumière la vulnérabilité croissante de nombreux propriétaires face aux événements d’ampleur. Entre 2020 et 2022, environ 2,8 millions de polices d’assurance n’ont pas été renouvelées, et en février 2025, ce chiffre a franchi la barre des 3 millions, notamment dans les comtés de Los Angeles, Ventura et Sonoma. En conséquence, de nombreux ménages, non assurés ou sous-assurés, se retrouvent à devoir assumer seuls la reconstruction de leurs biens. Certains d’entre eux ne sont malheureusement pas en mesure de faire face à cette lourde charge, entraînant une hausse de plus de 10 % des abandons de propriétés dans les zones de « Wildland-Urban Interface » (WUI).
Mais pourquoi un nombre aussi élevé de propriétés restent-elles non assurées ? Plusieurs facteurs expliquent cette situation. De nombreuses compagnies d’assurances ont décidé de ne plus souscrire de contrats pour des constructions situées dans les zones les plus exposées aux risques. D’autres ont renforcé leurs critères de souscription, exigeant des mesures de prévention plus strictes (toitures résistantes au feu, périmètre de sécurité, etc…). Par ailleurs, certaines polices d’assurance encadrent plus rigoureusement la couverture “incendie”, tandis que d’autres assureurs imposent une vérification des normes parasismiques et anti-incendie avant d’accepter un contrat. En parallèle, les primes en zones à haut risque ont subi de très fortes augmentations ce qui poussent de nombreux foyers à renoncer à leur couverture.
Face à cette situation, un nombre croissant de propriétaires se tourne vers le California FAIR Plan (programme d’assurance de dernier recours). Cependant, les plafonds d’indemnisation étant limités, de nombreux sinistrés peinent toutefois à financer leur reconstruction intégrale.
Le coût des primes d’assurance des biens : disparités selon les régions
Penchons-nous d’abord sur la Californie et les états sur le plan national. En Californie le coût moyen annuel d’une prime d’assurance pour un bien immobilier en Californie (au 1e janvier 2025) est de 1 280 $ (soit 1 178 €). Cependant, dans les comtés les plus touchés par les incendies, tels que Los Angeles et Ventura, les primes peuvent atteindre des montants bien plus élevés (1 800 $), voire davantage pour les habitations les plus vulnérables. À l’échelle nationale, la prime annuelle moyenne est passée de 1 428 $ (1 314 €) à 1 450 $ (1 335 €) fin février 2025, selon de premiers retours des courtiers. Les états comme la Floride et le Texas restent en tête des plus coûteux, avec respectivement 3 000 $ (2 760 €) et 1 937 $ (1 782 €).
En France, le modèle est globalement plus stable, les primes demeurent nettement plus abordables. Le coût moyen annuel d’une prime d’assurance en France s’élève à 372 € (fin 2024-début 2025). Pour les régions les moins exposées comme la Bretagne, la prime moyenne est de 303 €, tandis que pour les zones les plus exposées comme l’Île-de-France, elle revient à 447 €. Les compagnies françaises observent toutefois avec attention l’augmentation du coût de la réassurance au niveau mondial.
Les conséquences pour les assureurs : un risque de faillite accru
Les compagnies d’assurance qui opèrent en Californie sont confrontées à des défis majeurs. L’un des problèmes pour les assureurs réside dans le déséquilibre financier : les plafonds réglementaires sur les primes et la multiplication des sinistres exposent encore davantage les compagnies à des déficits. Les données publiées en février 2025 par le California Department of Insurance font état d’un écart moyen de 20 % entre les cotisations encaissées et les indemnisations versées dans les zones à haut risque. De ce fait, plusieurs compagnies quittent progressivement le marché californien. L’accumulation des sinistres et la pression financière croissante mettent certains assureurs en position de vulnérabilité. Selon une étude récente publiée par Insurance Journal, 10 % des compagnies locales spécialisées dans la couverture des risques d’incendie sont sous surveillance renforcée.
En France, le système d’assurance bénéficie d’une structure plus solide grâce à une plus grande mutualisation des risques, ainsi qu’au Fonds de garantie des catastrophes naturelles (Cat Nat). Ce système permet de lisser les pertes liées à des événements majeurs. Cependant, la hausse du coût de la réassurance à l’international pourrait peser sur les tarifs à moyen terme, selon la Commission des Assurances de Biens et Responsabilité (CABR).
En conséquence, il est urgent de réformer le système d’assurance des biens en Californie et ailleurs, puisqu’un nombre croissant de propriétaires se retrouvent sans protection adéquate au vu de l’augmentation rapide des primes, la multiplication des exclusions et la dépendance au California FAIR Plan.
Chez Mesmin (Taupin) Assurance, nous continuons à adapter notre offre pour répondre aux besoins de nos clients, y compris ceux exposés aux risques climatiques extrêmes. Contactez-nous dès aujourd’hui pour évaluer vos garanties, ajuster vos couvertures et trouver des solutions d’assurance pérennes, qu’il s’agisse de biens en Californie ou ailleurs.
Sources et références
- California Wildfires Damage Analysis (Mise à jour janvier 2025) – Reuters, Insurance Information Institute
- Incendies : le cauchemar des compagnies d’assurance – L’Express
- Primes d’assurance habitation en France – Comparateurs Selectra et LeLynx (2024/2025)
- Quel drame à Los Angeles – Alexandre du Garreau
- Insurance Journal – Spécial risques incendie 2025
- California Department of Insurance – Rapports de février 2025
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Les montants et informations présentés dans cet article sont fournis à titre indicatif. Certains chiffres relatifs à 2025 sont des estimations sujettes à évolution. Les conditions d’assurance peuvent varier selon les compagnies, les régions et d’éventuels changements législatifs. Nous recommandons de consulter un professionnel pour obtenir un conseil personnalisé.